J'ai le don d'ubiquité, mais je ne suis qu'une ombre... Voici mes confessions depuis l'abîme. Yah m'a délaissé. Le reflet narquois du malin me toise depuis l'élysée. Un éclat aussi sincère qu'amer sort du visage de ma honte. Il perce mes lèvres, remplit l'espace, Et embrasse le chaos, Ridiculisant querelles et débats vains des masses. Happé par le trou de ver, je danse, Seule à contre-temps, sur les ruines d'un monde désolé, Peuplé autrefois, dit-on, de majestueuses créatures de légendes, Où il n'est même plus raisonnable de douter... Et voilà que mes paroles s'accélèrent, Mes mots se bousculent, Des filets argentés, Flot de mes pensées désorganisées, Embuent mes yeux et fusent de mes oreilles, Fédérés contre mon âme. Oui... Ma vitalité s'érode et mes ruminations m'étranglent dans la nuit. -- Néant -- Je ne comprends pas... J'accueille les ténèbres mais rien ne se produit : Mains et poings liés, Mon Moi est censée s'éveillée, Mes paumes, comme par le passé, auraient déjà dû s'irradier. En lieu et place, un fail-safe s'enclenche, Le jour se leve sans mon aval sur ma tête lourde. Mes traits sont tirés. Ma vision s'épuise. Je manque de temps pour ressentir qui j'étais... Mes oeuvres, de géantes statuts de marbre, M'entravent et me cantonnent à une réalité sans couleur. Je ne suis plus souveraine de rien. Si ce n'est d'un stylo sans encre, Et d'une page. Que j'ai beau percé de ma mine. Blanche.